1860
Naissance de l’Hôtel Britannique, au coeur du 1er arrondissement de Paris, 20 avenue Victoria.

Au milieu du 19ème siècle, sous le règne de Napoléon III, les rues de Paris s’apprêtent à subir le « culte de l’axe », combat du Baron Haussmann. Promoteur de la campagne « Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie », le préfet de Paris fait vivre les théories hygiénistes des Lumières et à 400 mètres de l’hôtel, il marque une croix, place des Halles, élue « ventre de Paris ». Les travaux peuvent débuter, Paris se reconstruira autour de ce cœur nourricier.
En 1854, l’avenue Victoria voit le jour sous le nom de « Boulevard de l’Hôtel de Ville », remplacé l’année suivante par son nom actuel en souvenir de la visite de la Reine Victoria à l’Hôtel de Ville de Paris le 23 août. La Grande Reine est venue honorer l’invitation à l’exposition universelle de 1855 de Napoléon III et consacrer le début de l’Entente cordiale entre les deux Empires.





C’est au n° 20 de l’avenue Victoria, bordée d’immeubles à peine achevés en 1860, que la famille Perret-Baxter choisit d’implanter l’Hôtel Britannique.

« Offert à Monsieur et Madame Perret, Hôtel Britannique Paris, par quelques amis de Scarborough, en témoignage de leur estime pour leurs aimables attentions lors d’une visite à Paris, Pentecôte, 1861. »
1870
Napoléon III est renversé, proclamation de la République, les Prussiens assiègent Paris

1871
La Commune de Paris, tentative de révolution prolétarienne. Paris incendiée en mai. Massacre des Communards par les Versaillais.


1879
Début de constitution du premier réseau téléphonique
1886
Célébration du centenaire de la Déclaration d’Indépendance des Etats Unis d’Amérique.
La Liberté éclairant le monde (Liberty Enlightening the World), plus connue sous le nom de statue de la Liberté fut offerte par la France en 1886, pour célébrer le centenaire de la déclaration d’indépendance américaine et en signe d’amitié entre les deux nations. L’inauguration de la statue fut célébrée le 28 octobre 1886 en présence du président des États-Unis, Grover Cleveland. L’idée vient du juriste et professeur au Collège de France, Édouard de Laboulaye en 1865, sous Napoléon III : « Je lutterai pour la liberté, j’en appellerai aux peuples libres. Je tâcherai de glorifier la république là-bas, en attendant que je la retrouve un jour chez nous ». L’idée d’offrir une représentation de la liberté à une république sœur située de l’autre côté de l’Atlantique joua alors un rôle important dans la lutte pour le maintien de la IIIème république.

La statue de la Liberté est devenue l’un des symboles des États-Unis et représente de manière plus générale la liberté et l’émancipation vis-à-vis de l’oppression.

1887
Début des travaux de la Tour Eiffel

1889
Célébration du centenaire de la Révolution Française de 1789.Inauguration de la Tour Eiffel.
Une réplique de la Statue de la Liberté de New-York fut offerte à la France par les citoyens français établis aux États-Unis à l’occasion du centenaire de la Révolution. On peut lire sur sa tablette « IV JUILLET 1776 = XIV JUILLET 1789 ». Elle fut inaugurée par le président Carnot le 4 juillet 1889, 3 ans après la « new-yorkaise », en présence de son créateur. Elle était orientée dans l’autre sens, afin de ne pas tourner le dos à l’Elysée, mais Bartholdi demanda expressément à ce qu’on la dirige plutôt vers New York, ce qui fut fait en 1937, lors de l’exposition universelle.


1894
« Congrès pour le rétablissement des Jeux Olympiques » à la Sorbonne.
1898
94 255 bicyclettes et 89 voitures automobiles recensées à Paris

1900
Exposition universelle et Jeux Olympiques à Paris. Inauguration de la première ligne de métro (Vincennes – Porte Maillot). Début d’une période de forte croissance appelée « La Belle Epoque »


1910
Grande inondation de Paris. Un peu surélevé, le quartier de l’Hôtel Britannique ne souffre pas des caprices de la Seine, et ce, malgré leur proximité.

1914
Début de la Première Guerre Mondiale. Fin de « La Belle Epoque ». L’Hôtel Britannique héberge une mission de Quakers anglo-américains et devient une maison d’accueil et d’entraide à la population civile.

Une partie de l’Hotel Britannique, dédiée à la « société chrétienne des amis »
1920
La Société Chrétienne des Amis, plus communément connue sous le nom de Quakers, établira son premier siège officiel parisien dans les murs de l’Hôtel Britannique. Les informations retrouvées permettent de constater la sympathie de la famille Perret-Baxter pour les « Amis » (synonyme de Quakers). Sympathie réciproque, puisque ces derniers offriront une plaque commémorative qui se trouve encore aujourd’hui exposée dans le hall de réception de l’Hôtel.

« Cet hôtel fut pendant la Grande Guerre de 1914-1918, le siège de la Mission de la Société des Amis (Quakers), oeuvre de secours à la population civile et de reconstruction dans les régions dévastées. Pendant les années de 1914 à 1920 plus d’un millier de volontaires anglais et américains, hommes et femmes prirent part à cette oeuvre : la plupart passèrent par cet hôtel. L’étoile rouge et noire, l’insigne de la Mission fut portée pour la première fois en 1870-1871 par les membres d’une pareille mission envoyée en France par les Quakers pour venir en aide aux victimes civiles de cette guerre. CARITAS AUTEM AEDIFICAT »

Ce mouvement Quaker fondé par les dissidents de l’Eglise Anglicane au XVIIème siècle mérite de s’y attarder en compagnie de l’illustre et lumineux Voltaire qui écrit ce qui suit dans ses « Lettres philosophiques », lettre I, sur les Quakers, publiées en 1734 :
« J’ai cru que la doctrine et l’histoire d’un peuple aussi extraordinaire que les quakers méritaient la curiosité d’un homme raisonnable. Pour m’en instruire, j’allai trouver un des plus célèbres quakers d’Angleterre, qui, après avoir été trente ans dans le commerce, avait su mettre des bornes à sa fortune et à ses désirs, et s’était retiré dans une campagne auprès de Londres. J’allai le chercher dans sa retraite: c’était une maison petite, mais bien bâtie et ornée de sa seule propreté. Le quaker était un vieillard frais qui n’avait jamais eu de maladie parce qu’il n’avait jamais connu les passions ni l’intempérance: je n’ai point vu en ma vie d’air plus noble ni plus engageant que le sien. Il était vêtu, comme tous ceux de sa religion, d’un habit sans plis dans les côtés, et sans boutons sur les poches ni sur les manches, et portait un grand chapeau à bords rabattus comme nos ecclésiastiques. Il me reçut avec son chapeau sur la tête, et s’avança vers moi sans faire la moindre inclination de corps; mais il y avait plus de politesse dans l’air ouvert et humain de son visage qu’il n’y en a dans l’usage de tirer une jambe derrière l’autre, et de porter à la main ce qui est fait pour couvrir la tête.

La réponse du Quaker fut :
« Nous portons aussi un habit un peu différent des autres hommes, afin que ce soit pour nous un avertissement continuel de ne pas leur ressembler. Les autres portent les marques de leurs dignités, et nous, celles de l’humilité chrétienne; nous fuyons les assemblées de plaisir, les spectacles, le jeu; car nous serions bien à plaindre de remplir de ces bagatelles des coeurs en qui Dieu doit habiter. »
« Nous ne faisons jamais de serments, pas même en justice ; nous pensons que le nom du Très-Haut ne doit point être prostitué dans les débats misérables des hommes. Lorsqu’il faut que nous comparaissions devant les magistrats dans les affaires des autres (car nous n’avons jamais de procès), nous affirmons la vérité par un oui ou par un non, et les juges nous en croient sur notre seule parole, tandis que tant de chrétiens se parjurent sur l’Evangile. Nous n’allons jamais à la guerre ; ce n’est pas que nous craignions la mort, au contraire nous bénissons le moment qui nous unit à l’Être des Êtres ; mais c’est que nous ne sommes ni loups, ni tigres, ni dogues, mais hommes, mais chrétiens ». (…)
« et lorsque après des batailles gagnées tout Londres brille d’illuminations, que le ciel est enflammé de fusées, que l’air retentit du bruit des actions de grâce, des cloches, des orgues, des canons, nous gémissons en silence sur ces meurtres qui causent la publique allégresse. »
Près de deux siècles plus tard, les Quakers étaient bien au rendez-vous tragique de la 1ère Guerre Mondiale pour apporter humblement leur aide aux victimes du conflit meurtrier.
1918
Fin de la Guerre. Après la fin du conflit, une génération nouvelle rêve d’un monde nouveau et proclame « Plus jamais ça ».
1920
début des « Années Folles ». L’utopie positiviste du XIX e siècle et son credo progressiste font place à un individualisme déchainé et extravagant. C’est l’émergence du mouvement dada, du surréalisme, de l’Art déco. C’est dans les années vingt que l’écrivain américain Henry Miller, comme beaucoup d’autres artistes étrangers d’ailleurs, élit le carrefour Vavin-Raspail-Montparnasse (6ème arrondissement) comme le « nombril du monde », selon ses propres mots.
1924
Jeux Olympiques

1927
Charles Lindbergh est accueilli en héros à Paris après sa traversée de l’Atlantique Nord.

1928
Inauguration de stade de tennis de Roland Garros
1931
Première émission de télévision
1937
Exposition universelle
1940
3 juin, bombardement allemand : 250 morts

1943
3 septembre, bombardement Alliés : 400 morts
1944
21 avril, bombardement Alliés : 600 morts. 19 août, libération de Paris


Le trésor de l’Hôtel Britannique échappe aux nazis !
Durant les quatre années de l’Occupation nazi, le propriétaire de l’Hôtel Britannique, un descendant de la famille Perret-Baxter, les fondateurs de 1860, avait pris soin d’enfouir son trésor dans le sol en terre des caves voutées du deuxième sous-sol de l’établissement. Et quel trésor ? Du vin ! Des dizaines de bouteilles millésimées du début du siècle. Des Sauternes des années dix, des Bourgogne des années vingt. Exhumées à la Libération, et après en avoir certainement ouvert quelques unes pour fêter dignement l’événement, ces bouteilles, pour la plupart, furent conservées comme des reliques jusque dans les années quatre-vingt. Le propriétaire actuel de l’Hôtel se souvient d’avoir eu l’insigne honneur de déguster en 1983 un Vosnes-Romanée rouge de 60 ans d’âge qui par chance s’était bien conservé. Bon sang ! Une telle expérience ne s’oublie pas.

1947
Premier défilé de haute couture (Christian Dior)

1968
la Révolution des mentalités bouscule Paris.

1977
8 décembre, inauguration de la station de métro/RER Chatelet-Les Halles, la plus importante du monde et qui dessert l’Hôtel Britannique !

1978
La dernière représentante de la famille Perret-Baxter, Mademoiselle Louise-Claude Baxter, de nationalité britannique, née le 17 mai 1926 cède le fonds de commerce de l’Hôtel à la famille Danjou, de nationalité française et d’origine, non plus de Grande Bretagne, mais de Bretagne.

1980
L’Hôtel est fermé pendant six mois pour d’importants travaux de rénovation. Un ascenseur est installé, les étages sont restructurés, des salles de bain sont créées, la décoration renouvelée.
1985
L’Hôtel Britannique conquiert sa troisième étoile.

2000
L’Hôtel Britannique fait son entrée dans le club très fermé des établissements sélectionnés par le Guide des Hôtels de Charme (Editions Rivages).

2010
L’Hôtel Britannique est classé 37e sur 1841 hôtels parisiens par le site de notation Tripadvisor. Un beau cadeau pour ses 150 ans. Champagne !
« Hôtel Britannique Paris », un hôtel de charme au cœur de Paris.











Beautiful looking hotel.