Exalter les sens, créer des émotions, le Luxe approche la perfection en alliant créativité, savoir faire et tradition.
Le luxe du latin luxus qui signifie excès, mais encore débauche, splendeur et faste, est le mode de vie consistant à pratiquer des dépenses somptuaires et superflues, dans le but de s’entourer d’un raffinement fastueux ou par pur goût de l’ostentation, par opposition aux besoins élémentaires ne relevant que de la stricte nécessité.
Un produit de luxe représente avant tout une garantie de qualité : l’acheteur sait par avance qu’il a été produit grâce à un savoir-faire au sommet de « l’état de l’art » d’une profession et est donc prêt à payer le prix de l’excellence.
La marque de Luxe est le plus souvent une marque familiale, dont l’origine prend racine dans son histoire. Son créateur a su, à un moment propice, conjuguer son savoir-faire, sa passion et ses ambitions pour donner naissance à un véritable art de vivre partagé par des passionnés.
Le Luxe ne doit pas forcément être connu, de crainte d’être vulgarisé. Produisant en petites quantités, le plus souvent sur commande pour une clientèle limitée, les Maisons de Luxe cultivent leur rareté et revendiquent leur excellence.
Le temps des créateurs du Luxe remonte à bien des siècles en arrière. Le Luxe a pris racine dans les traditions et les façons de vivre des hauts rangs de chacune des grandes cultures de notre histoire.
Les Egyptiens avaient déjà le souci du beau et du bien être, de la distinction sociale par la détention et l’utilisation d’un produit rare comme le parfum ou les bijoux. En traversant le temps, le Luxe est devenu un moteur essentiel des découvertes artistiques et techniques.
En France, la particularité politique et administrative installe dès le Moyen-âge, un pouvoir central puissant à Paris qui aura pour effet de permettre une importante activité économique de fournisseurs de la cour, en particulier dans le domaine des arts décoratifs.
La monarchie absolue accentue le phénomène de manière considérable. Louis XIV, le roi soleil, puis ses successeurs, deviennent des donneurs d’ordres très importants. On assiste alors à la création de grandes manufactures, capables de fournir non seulement la cour mais aussi toute l’aristocratie. Ces producteurs acquièrent ainsi suffisamment de prestige pour devenir les fournisseurs des autres cours. Un des meilleurs exemples est celui de François-Thomas Germain, surnommé « l’orfèvre des Rois » qui livre toutes les cours d’Europe.
Du XVIème au XVIIIème siècle, le Luxe est au centre de débats philosophiques, religieux, économiques et moraux. Certains comme Voltaire, considèrent le Luxe comme un véritable moteur économique alors que les opposants, citons Rousseau, y voient un obstacle à la vertu.
Le luxe est naturellement associé à la richesse qui permet des investissements visant le pur agrément et non le profit ni la nécessité. Au XVIIIe siècle, cette sensation particulière a été fixée par Voltaire, dans une formule un rien paradoxale : « Le superflu, chose très nécessaire. » (Poème Le Mondain, 1736).
La Révolution n’interrompt pas le processus. Napoléon rétablit une cour majestueuse, qui si elle paraît à certains un peu « nouveau riche » n’en est pas moins « brillante ».
La Restauration s’avère problématique. La noblesse est ruinée, et de ce fait peu encline à investir dans du superflu.
Au 19e siècle la Révolution Industrielle induit deux transformations très importantes. D’abord, elle donne naissance, à son tour, à une nouvelle élite, la bourgeoisie. Cette dernière ressent très rapidement le besoin de s’équiper à la manière des aristocraties du passé. Ensuite, elle donne la possibilité, pour les producteurs, d’adopter de nouveaux procédés de fabrication qui réduisent les coûts tout en augmentant la production. Un des premiers à effectuer la transition semble être Odiot, qui dès la fin de l’empire équipe ses ateliers avec une machine à Vapeur qui s’avère très rapidement surdimensionnée. Plutôt que de renoncer, il décide alors de changer de méthode de travail, et de ne plus produire à la commande mais de fabriquer puis de vendre. On passe ainsi d’une logique artisanale à une logique industrielle.
Cette démarche, novatrice en 1815, devient rapidement celle de la plupart des fabricants. On le voit très clairement dans le secteur du meuble, dans celui de la bijouterie, ou dans des productions très nouvelles, comme celle du piano. C’est le cas avec Pleyel. S’ajoute à cela, une première internationalisation, un début de mondialisation qui ouvre des perspectives commerciales très importantes. C’est durant la Monarchie de Juillet et le Second Empire que l’idée de capitale du Luxe pour désigner Paris devient une réalité. Le soutien affiché des souverains, qui se traduit lors des expositions universelles, en particuliers les deux premières, contribue à asseoir une activité de luxe à Paris. On le voit très clairement avec l’installation du couturier Worth à Paris qui fournit l’impératrice et son entourage.
Il se met alors en place à Paris une production à double niveau. La tradition artisanale perdure, voir se développe. C’est le cas de la Joaillerie bijouterie pour laquelle on assiste à l’essor des futurs grands noms, de Cartier à Chaumet. Mais à côté de cet artisanat de luxe émerge toute une activité de demi-luxe qui va faire rayonner Paris dans le monde entier. C’est aussi le cas dans le domaine alimentaire, avec la création à la fin du Second Empire des prestigieuses marques Hédiard et Fauchon.
Au tournant du siècle, l’exposition universelle de 1900 l’illustre, Paris est devenue la capitale mondiale du Luxe. Les nouveaux moyens de transports, le développement des loisirs, ont permis la naissance de l’hôtellerie, de la gastronomie, de toute une activité qui assure le premier essor de marques encore peu illustres, telles Hermès ou Louis Vuitton.
En 1925, le lancement du plus grand paquebot du monde, le Normandie, ambassadeur de la création française, musée flottant, montre au monde que la vraie création se passe à Paris.
Alors que la deuxième Guerre Mondiale frappe l’Europe et la France en particulier, les griffes prennent elles un certain envol. Marqué par des figures emblématiques comme Chanel ou Christian Dior, le monde du Luxe prend racine et se développe rapidement. La fin des années 40 peut être qualifiée de frénésie du Luxe: 106 maisons sont labellisées Haute-Couture et le secteur de la parfumerie explose.
Le retour de Coco Chanel puis le triomphe d’Yves Saint Laurent conforte en partie cette impression, Paris reste le centre du monde de la mode et du style.
Aujourd’hui, le leadership mondial dans les domaines du Luxe est âprement disputé par d’autres grands centres de créativité comme New-York ou Milan, mais son histoire ainsi que la vitalité actuelle de ses stylistes confèrent à la Ville Lumière une aura unique qui devrait briller encore longtemps dans l’imaginaire collectif.
Louis Vuitton : 38 Avenue George V, 75008 Paris. Website : http://www.louisvuitton.com/
Christian Dior Couture : 8 Place Vendôme, 75001 Paris. Website : http://www.dior.com/
Cartier : 23 Place Vendôme, 75001 Paris. Website : http://www.cartier.fr
Fauchon : 24-26 Place de la Madeleine, 75008. Website : http://www.fauchon.com/fr/fr
Guerlain : 68 Avenue des Champs-Elysées, 75008 Paris. Website : http://www.guerlain.com
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Dewayne